vendredi 21 septembre 2012

Coréen magique

Vous vous souvenez peut-être de mon pote coréen un peu unique, celui qui voulait que je partage ma copine, ou encore qui avait suggéré que je le traine dans INHA pour lui présenter des coréennes, ou bien qui appelle à 6h du matin pour dire qu'il est en permission et n'a personne à voir aujourd'hui. Oui, ça a l'air bizarre comme ça, mais il est gentil sinon. Et puis quand il nous raconte toutes ses catastrophes où nous en fait une petite en directe, ça nous permet de relativiser sur nos propres fails.

Ce soir après s'être intéressé à comment c'était passé le graduate exam (voir article précédent), il m'a encore régalé avec un nouveau Fail, son nouveau plan pour trouver l'amour : "Les english coffee". Je rappelle le concept, ce sont des rassemblements d'étrangers et de coréens dans des cafés pour échanger en anglais et ça se fait par gros groupes de 15 à 30 personnes, avec comme objectif d'améliorer son anglais ou son coréen, mais aussi d'y rencontrer des gens.
- Moi : Tu as rencontré des gens intéressants
- Coréen Magique : Oui
- Moi : Des filles ?
- Coréen magique : Hélas non ...
- Moi : Il n'y avait pas de filles ?
- Coréen magique : Si, plein ! J'ai discuté avec plein de filles !
- Moi : et qu'est ce qui a râté alors ?
- Coréen magique : Je ne sais pas ...
- Moi : Tu as demandé des numéros de téléphone ?
- Coréen magique : Non
- Moi : ... -.- (smiley blasé)
- Coréen magique : Mais j'ai trouvé un prof d'anglais avec qui je vais à Hongdae ce soir !
- Moi : Au moins, ça va t'occuper la soirée et te détendre ...
- Coréen magique : Et peut-être que je vais rencontrer une fille. J'espère ...

Et c'est à ce moment précis où je pensais qu'on avait touché le fond qu'est arrivé cette scène mythique :  il m'appelle en video-conf sur Skype depuis son smartphone, il est au milieu d'une gare et commence à me décrire tout ce qu'il y a autours de lui en faisant tourner le téléphone pour que je vois bien, m'expliquant qu'il doit tester skype sur son tout nouveau smartphone, il n'a pas eu le temps de tester celui acheté il y a deux semaines et qu'on lui a volé dans un sauna. 
Je fais donc mine de m'extasier devant le panorama de la gare du Bucheon, faisant au passage une grimace par caméra interposée à une vieille Ajumma qui était en train de jeter un regard noir à mon coréen magique. Et là, il tourne son smartphone vers un groupe de coréenne sur un banc et lance tout fort : "Laquelle trouves-tu jolie ?"
- Moi (coupant ma caméra parce que les coréennes avaient pris un air offusqué) : Je ne sais pas c'est flou ?
- Coréen magique : Ha bon ?
- Moi : Oui ... Et tu devrais arrêter de faire ça avec ton téléphone, c'est creepy ...
- Coréen magique : Oui, tu as raison. Les gens me regardent bizarrement. 
- Moi :  En même temps, c'est normal. Tu fais filmes la gare avec ton téléphone et tu me transmets les images. Ca fait un peu pervers ...
- Coréen magique : ?
- Moi (switchant en japonais) : Hentaï !
- Coréen magique : Ha oui, comme les gens qui prennent des photos sous les jupes des filles avec leur smartphone dans le métro !
- Moi : Exactement !
- Coréen magique : Je te laisse, le prof d'anglais arrive !
- Moi : Dit lui que je lui souhaite bon courage !
- Coréen magique : Ne t'inquiète pas, je ne vais pas boire.
- Moi : Me voilà rassuré ... Bonne soirée !

Il est génial, non ?

Le jour du Graduate Exam (Fall Semester)

Ça y est, c'est arrivé, le graduate exam est passé !
Au programme :
- En algorithmique : pas de grande surprise, le professeur a fait son examen sur ce qui était indiqué dans sur le papier de l'examen et qui collait avec ses polys de cours récupérés auprès de nos collègues cambodgiens et malaisiens.
- En Software Engineering : Ca se gate un peu, nous n'avions pas les polys du cours, car le cours en question semble ne pas exister à INHA, ou en tout cas pas avec le contenu de cet examen. Et pour ajouter du trololo, la moitié des questions sont tombées sur des trucs qui n’étaient pas dans la liste à apprendre. Résultats incertains donc, qui dépendront de la gentillesse du professeur, de son interprétation de notre baratin et de son niveau d'anglais.
- Computer Vision : Fidèle à sa réputation de prof trollesque, le professeur a fait un examen en 3 questions : "Décrivez un systeme de tracking de voiture", "Parlez moi de MLE et de ses applications", "KNN et applications". Trololo et donc résultat également imprévisible.

Après la mort de notre premier sponsor : le Trololo Guy,il a fallu en changer. Après Fail en Corée et Trololo en Corée, nous sommes donc dans une phase Rage en Corée. Nous avons donc choisi une nouvelle personnalité sur Youtube pour vous donner un aperçu de ce que nous avons pensé du graduate exam :

Führer Gangnam Style (NB : Il faut avoir vu le clip de PSY pour comprendre)

Résultats dans deux semaines !


PS : Nous nous étonnions que personne n'ait l'air de s’inquiéter ou de réviser tellement à l’avance et soupçonnions l'existence d'une banque de questions que les coréens nous auraient cachée (à leur décharge, à part algo, il semble que nous n'ayons pris que des matières que personne ne passe jamais dans le labo). Nous avons eu confirmation puisqu'ils nous ont demandé après l'exam ce que j'avais eu comme question afin de pouvoir les noter dans un fichier pour les prochains membres du labo qui passeraient ces matières.

lundi 17 septembre 2012

Retour à Deoksugung

Un nouvel article avec un peu de retard, vu que ça date de la semaine dernière, mais ce n'est pas grave, on va le poster quand même. 
Il se trouve que le week-end dernier nous n'étions pas encore totalement submergés par les révisions du graduate exam, le rapport de l'eisti, la préparation de la soutenance, l'article pour Professor et autres joyeusetés qui par manque de chance tombent toutes en même temps en cette deuxième moitié du mois de Septembre. La météo ayant en plus été favorable, j'en ai profité pour aller sortir un peu sur Séoul avec Hwi Kyeong. Elle avait, par je ne sais trop quel moyen récupéré des tickets gratuits pour visiter plusieurs palais de Séoul. C'est vrai que je les avais déjà tous faits avec Fred ou avec des amies coréennes. Mais nous avions visité certain d'entre eux en hiver ou au tout début, période où ils sont un peu tristes.
Et c'est pourquoi le week-end dernier avec Hwi Kyeong, nous été faire un tour à Deoksugung. C'est le tout palais coréen que nous avions visité avec Fred lors de notre première visite à Séoul, tout début Mars donc.
Franchement, je ne regrette pas de l'avoir refait, en été c'est quand même plus sympa.

Sans plus attendre, les photos !














Voilà, je retourne faire semblant de réviser. C'est qu'il y a un examen à rater Vendredi !

mardi 11 septembre 2012

Jour de Fail à INHA

Alors que nous ne sommes plus qu'à 10 jours du graduate exam et que l'immense volume de connaissance à ingurgiter pour le jour J ne semble pas diminuer au fur et à mesure que nous avançons, ce mardi est à placer sous le signe du Fail.

Tout a commencé ce matin lorsque je suis arrivé vers 9h30 au laboratoire et que ma collègue Indonésienne et mon collègue Cambodgiens étaient entrain de pester après leurs ordinateurs parce qu'internet ne marchait pas. Notez que tout marchait normalement la veille au soir. 
J'allume donc mon PC pour constater que chez moi non plus pas de net. Comme tout marchait normalement du côté du laboratoire occupé par Fred et les autres, nous avons donc commencé à faire un état des lieux des ordinateurs de notre salle : Sur 10 PC, 3 avaient le net : Ceux des coréens de la salle, et celui du collègue Malaisien qui comme il est là depuis très longtemps était donc, par chance, sur la dernière adresse IP d'un DNS différent du notre. Les mauvaises langues penseront tout de suite à un complot contre les étrangers.

Après avoir testé de nombreuses prises avec des câbles traversant la salle dans tous les sens, et après plusieurs reboot d'une passerelle sous Windows ce qui a eu pour effet de finir de planter le net dans toute la salle, il a fallu se résoudre à exhumer le switch ethernet, qui était devenu la source la plus probable de notre problème. 
Entre temps, nous avions perdu l'imprimante réseau empêchant ainsi l'impression par le réseaux des multiples papiers écrits par professor dans la nuit et provoquant un déferlement d'arrivée par fax, seule alternative possible vu que plus rien ne marchait. Même le téléphone commençait à déconner, se mettant à émettre de façon aléatoire des bruits suspects ne correspondant ni à la sonnerie du fax, ni à la sonnerie classique des appels de professor. Il était temps d'agir !

Le switch était enterré sous des piles de vieux bouquins de Java, des vieux écrans cathodiques et protégé par une muraille de vieilles unités centrales qu'il a fallu déblayer à la pelle avant d'atteindre la protection finale composée d'un impressionnant volume de poussière.
La bête une fois déterrée. Visiblement ne sert pas que pour les 10 PC de notre salle. On remarquera le câblage particulièrement bien organisé, ça ressemble un peu au poteaux électriques dans la rue devant l'appart
Alors qu'un des coréens armé d'un tournevis s'apprêtait à ouvrir le switch, un second coréen plus âgé a débarqué, suggérant qu'il valait mieux appeler le service technique d'INHA (sorte de SRI local) pour qu'ils nous amènent un autre switch.
Après une pause café et de nombreux reboots, nous avons été informés qu'il n'y aurait pas de switch de secours tout de suite. Nos collègues sont donc partis en chercher un dans une autre salle de l'étage (l'histoire ne dit pas ce qu'ils ont débranché pour avoir ce switch, peut-être le bureau du prof d'à côté). Seulement voilà, le nouveau switch avait beaucoup moins de prises que le précédent et aucun câble ethernet n'avait d'étiquette pour indiquer à quel PC il correspondait, ni duquel arrivait internet.
Nous nous sommes donc lancés de façon très désorganisée dans l'essayage de toutes les combinaisons, débranchant et rebranchant de manière anarchiques des câbles réseaux de plus en plus emmêlés toujours avec le même résultat : Au moins un PC qui n'avait pas le net, mais jamais le même.

A 13h30, lorsque je suis revenu de la pause repas tout le monde avait de nouveau le net sauf le collègue cambodgien qui était occupé à découper son câble ethernet au cutter pour vérifier l'ordre des fils. Kyeong Jin qui avait bricolé avec les fil toute la matinée, l'avait visiblement trollé avant de partir manger et lui avait expliqué que c'était sûrement la faute au câble ou à Windows si ça ne marchait pas. N'ayant visiblement pas saisi que c'était une blague et les reboot à répétition n'ayant rien donné, il avait commencé à attaquer le câble ethernet. 
Ayant fait remarquer que les fils ne s'étaient probablement pas inversés tout seul dans le câble pendant la nuit, mais que nous devions juste être encore sur une mauvaise configuration dans laquelle sont câble n'était pas branché, nous avons rafistolé le câble ethernet et attendu le retour de Kyeong Jin pour retenter des combinaisons avec le switch.
A 14h30, le net fonctionnait enfin partout.

La journée n'aurait pas été complètement une journée du Fail sans le cours de Machine Learning avec notre professeur préféré : le professeur Taeho Jo, qui occupe un bureau voisin de notre laboratoire. Un professeur gentil, qui veut toujours bien faire ses cours, mais qui est un peu maudit ... C'est un peu comme aimant à catastrophes : La clé de la salle est toujours perdue au moment de son cours, l’électricité se coupe quand il est dans l'ascenseur, sa page Facebook s'ouvre aléatoirement pendant le séminaire avec professor, des sites de chrétiens intégristes s'ouvrent à la place des pages web qu'il veut nous montrer pour illustrer le cours, la modification en live de son Powerpoint échoue, ses colis se perdent et arrivent au laboratoire au lieu de son bureau, etc. Bref, la vie d'un enseignant n'est pas toujours facile.
Mais comme nous avons appris via sa page perso que c'était un grand passionné de jeux de stratégies et d'hymnes nationaux (bon ok, ça on s'en fiche), et qu'il essaye de nous dire quelques mots en français quand il peut, c'est forcément quelqu'un de bien. Et en tant que professeur, il fait toujours de son mieux.

Justement ce soir, il nous a fait un remake de la clé perdue. Ni le Jedi Kid du 13ème, ni la coréenne à large mâchoire qui sont habituellement chargés de la clé n'y avaient pensé. Et forcément, à 18h, tout le monde était parti manger et donc impossible de trouver une clé de secours. A 18h20 notre brave professeur de Machine Learning qui n'en finissait plus de se confondre en excuses était sur le point de se faire harakiri au milieu du couloir (c'était ça ou aller frapper au bureau de professor pour demander une clé), lorsque par miracle la coréenne à large mâchoire qui avait passé les 20 dernières minutes à téléphoner partout dans INHA a fini par trouver quelqu'un qui avait une clé.
A 18h26 donc, nous avons pu entrer dans la salle. On aurait pu croire que le professeur aurait démarré son cours en catastrophe (pun intended) pour rattraper le retard. Et bien pas du tout ! Il s'est lancé dans un discours grandiloquent, qu'il a nous indiqué comme étant "nécessaire pour évacuer le traumatisme de la situation de crise que nous venions de vivre". Avec notre nouveau collègue français de l'ISEP, nous avions déjà du mal à ne pas rire, mais le professeur a continué inlassablement sur sa lancée mélodramatique en nous expliquant que "nous aurions pu changer de salle pour gagner du temps, mais ça aurait peut-être perturbé certains élèves affectant ainsi leur capacité à comprendre le cours". Il a insisté pour marquer le coup en nous expliquant que c'était "dans ce genre de situation qu'il faut rester calme et ne pas péter les plombs", et qu'il fallait "suivre son exemple et ne pas paniquer, comme lui lorsqu'il était resté coincé dans l'ascenseur". Nous avons vécu en direct une de ses fameuse scène qui pour nous occidentaux n'existe que dans les animés, la scène ou un prof explique à ses élèves ce qui fait la différence entre lui professeur et les simples élèves : Il a gardé son calme dans l'ascenseur lorsque l'électricité est tombée en panne ! Je ne sais pas si vous vous rendez bien compte de l'énormité de la chose. Autant vous dire que quand il nous a re-raconté un petit coup l'histoire du Fail de l'ascenseur (une fois en anglais et une fois en coréen d'ailleurs) nous étions pétés de rire.

Entonnement, les coréens n'ont pas trouvé ni cet incident, ni les histoires héroïques du professeur tellement drôles. C'est encore une fois la preuve que nos deux cultures sont très différentes.