mardi 14 août 2012

La gestion des ordures en Corée

On le sait, la Corée est un pays qui a évolué très vite. Après avoir subi la colonisation japonaise, la seconde guerre mondiale, puis la guerre de Corée, le pays avait dans les années 50 un PIB équivalent à celui de la Somalie. Aujourd'hui 15ème puissance mondiale, la Corée a fait du chemin : économie florissante, multinationales prospères, infrastructures modernes automatisées, niveau d'éducation très élevé (plus 80% des coréens de ma génération ont un diplôme universitaire minimum bac+4), etc.
Cependant, tout n'a pas pu suivre un tel rythme de modernisation et quand on vit dans le pays au quotidien, on voit quand même que c'était encore le tiers monde il n'y a pas si longtemps. Dès qu'on s'éloigne un peu des quartiers très fréquentés de Séoul, il y a une chose que tout le monde remarquera en Corée : Les ordures dans les rues !
De nuit, sous la pluie, devant l'appartement
 Aujourd'hui donc, nous allons vous parler de la gestion des ordures en Corée !
Mêmes les coréens s'en rendent compte et ça fait partie des sujets dont on a un peu honte de parler, il y a un problème avec les gestions des déchets en Corée. Et par problème, on ne parle pas seulement de la gestion calamiteuse des ordures, mais aussi de l'économie parallèle générée et qui permet de faire vivre un certain nombre d'oubliés de la modernisation.
Oubliez la poubelle jaune, la poubelle verte et la poubelle à compost, ici en Corée rien de tout ça n'existe encore et même trouver des sacs poubelle relève du miracle. Ce sont les sacs de courses en plastique ou en carton qui servent ici le plus souvent de sac poubelle et il est possible de demander dans certains magasins de très grand sac plastiques qui vont servir à contenir plusieurs autres sacs lorsque les ordures seront placées dans la rue.

Des sacs dans un sac devant chez nous. Vous avez de la chance les ordures ont été ramassées hier
Les poubelles sur le parking de Lotte Market
D'autres poubelles camouflées derrière un pilier devant l'immeuble à côté de chez nous.
Je vous laisse imaginer ce que ça peut donner quand les ordures n'ont pas été ramassées depuis quelques jours et qu'il pleut, les poubelles suintent alors dans la rue, ou lorsqu'il fait très chaud et que les effluves viennent chatouiller vos narines. 
Des containers pourraient facilement réduire ces deux problèmes, mais il se trouve qu'il n'y en a qu'un dans notre rue. Il est dans la résidence d'en face, farouchement protégé par un cerbère dans son mirador qui veille à ce qu'aucune personne extérieure à la résidence n'utilise ledit container. Il en résulte donc que faute de container, les sacs d'ordure s'entassent dans les rues, plus ou moins cachés selon les possibilités offertes par le décor urbain. Le pilier cache-misère de la dernière photo est un exemple typique. Dans la rue principale ce sont bien souvent les réverbères qui tiennent ce rôle sans réussir à cacher grand chose.

Bon, mais qu'en est-il de la gestion en elle-même dans tout ça ? Le ramassage des ordures, tout ça ... Ici en Corée, c'est très organisé et le travail et réparti de façon équitable entre divers acteurs du milieu urbain : les insectes, rats, chats et autres animaux du quartiers, les vieux à chariot, les camions d'entreprises qui recyclent de l'électronique et font chier à 7h du matin  et les actuels vrais éboueurs dont c'est normalement le travail.

Le cycle de la poubelle dans la rue est comme suit :
- Tout ce qui est organique est dévoré dans la nuit par les bêtes, tout ce dont ils n'ont pas voulu étant saccagé le lendemain matin autours de la défunte poubelle.
- Les vieux à chariot spécialisés dans le carton récupèrent le carton, ceux spécialisés dans l'alu récupèrent les canettes et ceux spécialisés dans le plastique les bouteilles.
- Les camions parlant, comme ceux présentés dans un précédent épisode des chroniques, ramassent les encombrants : vieilles télé, canapés, vieux frigo, etc
- Un bataillon de "vrais" éboueurs qui passe ramasser tout ce qui reste et balaye activement la rue (ou la plage selon le lieu), afin que l'endroit soit vaguement présentable jusqu'au prochain ramassage officiel des ordures.
Un chariot d'éboueur
 Revenons un instant sur cette histoire de "vieux à chariot" qui vous aura surement intrigué. Nous parlions tout à l'heure des oubliés de la modernisation et de l'économie parallèle des ordures, nous y voila. N'ayant pas pu profiter du boost économique du fait qu'ils n'étaient pas dans la bonne génération et n'ayant pas toujours des enfants ayant les moyens de les entretenir, un certain nombre de vieux coréens et de vieilles coréennes n'entendrons jamais parler de la retraite et se voient contraints de se reconvertir en "vieux à chariot", lorsqu'ils deviennent trop âgés pour continuer dans leur métier d'origine.
Si vous venez un jour visiter la Corée, vous ne pouvez pas les louper. Ce sont ces petits vieux auxquels on ne donne plus d'âge et qui passent leur journées à tirer des charrettes remplies de cartons, de canettes ou de plastiques, selon leur "spécialisation".
Quelques chariots stationnés devant la déchetterie en face du Lotte Market
Payés au kilo de carton ou de plastique qu'il ramèneront dans une sorte de déchetterie (voir photo ci-dessus), ces petits vieux gagnent leur vie comme ils peuvent en allant ramasser les déchets qui les intéressent. Comme dit en début d'article, il n'y a pas officiellement de tri des ordures en Corée. On notera cependant que pour de faciliter le travail de ces gens qui n'est déjà pas très drôle, il est de bon goût de prendre au moins la peine de séparer ses déchets organiques du reste, histoire qu'en plus du poids du chariot le tri ne soit pas trop pénible. Malheureusement tout le monde ne le fait pas ...

Voilà pour le point culture sur les poubelles en Corée. Cet article devait au départ faire partie de l'épisode 3 des chroniques de la Corée, mais un Fail majeur ce soir nous a fait revoir notre planning des articles.

Week-end dans le sud : Tongyeong et Jinju

Ces derniers temps, j'aime dépenser mon argent dans des voyages, et donc après Namiseom et le Japon, j'avais décidé le week-end du 4 et 5 Août de partir avec Sangsun en week-end dans le Sud de la Corée. Alors que Jérémie a déjà décrit un peu son week-end geek passé à Busan, nous avions choisi une destination peut-être moins connue des touristes étrangers, mais également assez touristique pour les coréens avec la ville de Tongyeong, qui est aussi en bord de mer, plus à l'ouest comparée à Busan.

Comme nous sommes étudiants et assez pauvres, nous avions décidé de partir le vendredi soir en bus à 18h depuis Incheon, et non pas en train. Ça avait déjà entrainé quelques complications puisqu'un séminaire surprise était toujours possible le vendredi soir et qui m'aurait fait raté mon bus ou obligé à aller voir professor pour le prévenir au dernier moment que je fuyais à la plage et que je ne pouvais pas assister à ce séminaire... Fort heureusement tout s'est bien passé et j'ai donc pu me rendre tranquillement à Incheon Bus terminal pour prendre un bus direction Jinju. Pourquoi Jinju et pas Tongyeong? Et bien parce que Tongyeong était notre sortie du samedi uniquement, et qu'en tant que lieu touristique près de la mer, les prix des hôtels montaient bien plus hauts que pour Jinju situé plus à l'intérieur du pays. De plus, les horaires de bus à destination de Jinju étaient bien plus pratiques...
Départ donc à 18h pour 4h de bus à travers la Corée! Autant dire qu'arrivés à Jinju, nous étions déjà crevés. Nous avions pour l'occasion réservé dans le Versace motel à Jinju, assez réputé puisqu'il est situé le long de la rivière qui traverse Jinju. A préciser que c'est un love motel, pas un hôtel standard. Il faut savoir qu'en Corée, vous avez plusieurs choix pour vous loger : l'hôtel standard plutôt pour les hauts budgets, le love motel pour le budgets moyens, et enfin le jimjilbang, sorte de sauna coréen, où il est possible de dormir parfois pour un prix très bas, à défaut de bien dormir. D'où le choix du love motel pour nous, qui nous a paru le meilleur compromis entre confort et budget. Voici pour avoir un aperçu de la chambre que nous avions :
http://local.daum.net/map/index.jsp?store=11203&q=%EB%B2%A0%EB%A5%B4%EC%82%AC%EC%B2%B4%20%EB%AA%A8%ED%85%94&srcid=10397328
C'était la chambre VIP d'ailleurs, avec un plus grand espace et une vue sur la rivière pour un prix à peine plus élevé! Mais bon, y avait quelques problèmes quand même, avec une porte de la douche qui fermait plus très bien, et la baignoire à bulles qui projetait d'étranges particules noires non identifiées n même temps que les bulles, ou encore une légère fuite du plafond dans la salle de bain. Mais bon rien de trop grave.

Le lendemain, nous nous sommes levés à 6h45 pour pouvoir partir de bonne heure vers Tongyeong en prenant le bus à 7h50 dans un terminal de bus près du motel, différent de celui où nous étions arrivés. Un trajet d'environ 1h avant d'apercevoir la mer et Tongyeong. Même si la ville n'est pas particulièrement grande en terme de population (on doit être dans les 140000 personnes), il y a de nombreuses choses à voir et visiter, et nous avions donc du faire des choix avant de venir, car tout voir en une journée était impossible.
La journée a donc commencé en prenant un cable-car pour monter en haut du mont Mireuk, pour avoir une vue sur toute la zone autour de Tongyeong. Et on ne peut pas dire que la journée a bien démarré puisqu'il y avait énormément de monde lorsque nous sommes arrivés et que nous avons donc du patienter 1h entre le moment où nous avons acheté le ticket (9000wons, soit 6 euros pour montée et descente) et celui où notre numéro a été appelé pour monter dans le cable-car.
Après un trajet de quelques minutes pour arriver en haut, un itinéraire était possible à pied pour rejoindre le plus haut point du Mont, et traverser divers sites d'observations où il y a des panneaux indicatifs, comme une représentation expliquant une bataille navale ayant eu lieu près de Tongyeong par exemple en représentant les forces en présence lors de cette bataille sur une carte du paysage qu'on peut admirer directement. Point négatif (ou positif, c'est selon) de la journée : le temps était vraiment chaud et monter au sommet était assez fatiguant.

Petite anecdote : durant l'ascension, nous avons croisé un coréen qui a commencé à me parler et m'a demandé ma nationalité. Lorsque je lui ai répondu que j'étais français, il a switché alors dans un français très bon, et m'a dit qu'il avait étudié en France quand il était étudiant, qu'il avait logé pendant plusieurs mois en Basse-Normandie et m'a posé quelques questions... Comme Sangsun était assez gênée de ne pas comprendre, la conversation a pas non plus duré très longtemps, mais c'était assez amusant de croiser un coréen venant te parler en très bon français au sommet d'une montagne.
Bref, après la redescente, nous avons pris un repas rapide dans un minuscule restaurant, où il nous a été servi des Kimbap spéciaux, les Chungmu Kimbap (Chungmu étant l'ancien nom de Tongyeong), spécialité de la région qui consiste juste en du riz et du kim, servi avec des Banchan, accompagnement comme du kimchi ou du poulpe à la sauce pimentée. Au moins le prix était très faible par rapport à d'autres restaurants.
Enfin après cela, direction la plage!! Toutes les plages étant sur les îles environnantes à une distance plus importante,il n'y a qu'une petite plage appelée simplement Tongyeong Public Beach accessible rapidement et facilement depuis le centre ville à condition d'y aller en  taxi plutôt. Mais bon, comme on avait d'autres choses de prévue à faire dans la ville, cette petite plage était largement suffisante... Jérémie vous a déjà parlé de la façon de se baigner à la coréenne lorsqu'il est allé à Busan, mais c'est vrai que c'est toujours un peu amusant quand même de voir quasiment tous les coréens se baigner habillés complètement. Alors forcément, quand moi, en tant qu'étranger je suis rentré dans l'eau juste avec un short de plage et ma peau très blanche de français du nord (ahh, Amiens et sa pluie...), autant dire que je suis pas passé inaperçu. D'ailleurs, ça fait limite un peu zoo, Sangsun m'ayant raconté qu'une petite coréenne a dit "regarde papa, un étranger qui nage", parce que j'avais décidé d'aller nager un peu plus loin que les coréens qui restent confinés au 10 premiers mètres dans l'eau.


La petite baignade finie et les coups de Soleil pris sur les épaules malgré la crème solaire, on a repris le bus pour aller vers Dongpirang, notre prochaine destination. Seulement voilà, après être sortis de la plage et allés dans l'arrêt de bus, on s'est rendu compte que les bus n'avaient pas l'air d'arriver et qu'on était les seuls à attendre... On a décidé de patienter quand même en pensant que les autres arrêts de bus étaient trop loin jusqu'à ce qu'un taxi qui passait par là nous klaxonne et s'arrête pour nous dire qu'il y avait pas de bus ici. Après lui avoir demandé le prix pour aller jusqu'à Dongpirang en taxi et hurlé d'effroi en entendant la réponse, on lui a donc demandé juste de nous emmener à l'arrêt de bus qui le plus proche (un vrai arrêt de bus cette fois, pas un arrêt inutile ou aucun bus ne passe). Et après 2min de conduite, il nous a déposé, en nous disant que c'était un "service" et qu'on avait pas à le payer!! Chose qu'on verrait jamais en France, mais qui me permet de dire que de façon générale, j'ai aussi trouvé les gens dans ce coin du sud plus sympa et détendus que dans le coin de Séoul... Un peu l'équivalent avec Paris en somme, mais ça mérite d'être mentionné pour la Corée aussi!

Le bus nous a amené donc à un grand marché (j'ai oublié le nom) situé juste à côté de Dongpirang. Là, du fait de la chaleur et comme on avait eu un repas assez léger le midi, on a commandé un Patbingsu, ce dessert coréen dont Jérémie vous a déjà parlé, et qui est vraiment très populaire en été ici.
Ça consiste en de la glace pilée avec des haricots azuki (variété de haricots rouges), et d'autres ingrédients comme du lait concentré, du sirop de fruits, et d'autres choses selon le parfum (thé vert, café, ou fruits). Juste pour vous faire envie, voilà la photo du Patbingsu au fruit mangé à Tongyeong


Après ça, nous sommes retournés dans la chaleur intense pour aller à Dongpirang. Pour plus d'explications, cette endroit est juste un petit village situé dans Tongyeong même, où de nombreuses maisons ou murs du village sont décorées de graffiti. Tout cela donne une atmosphère assez particulière et très sympa. On peut aussi avoir une vue assez sympa de Tongyeong puisque le village est situé sur une colline. D'ailleurs, le village a en réalité failli être détruit du fait de plan de redéveloppement, mais des organisations et autres groupes d'étudiants en art se sont rassemblés pour redécorer tout le village, pour faire de la colline et de Dongpirang une sorte de Montmartre à la coréenne, en faisant de cet endroit un sport touristique assez connu de Tongyeong, et faisant abandonner les plans de restructuration de la zone. Quelques photos de ce village donc :




Il y avait carrément la queue pour prendre une photo devant cet endroit!!
Comme il ne restait plus tant de temps que ça, la dernière partie que nous avons visité à Tongyeong a été Nammangsan sculpture park, situé assez près de Dongpirang. Que dire de ce parc? Et bien il était joli mais pour les sculptures, c'était de l'art moderne donc on a eu droit à des explications et concepts pompeux pour une œuvre qui semble pourtant simpliste, comme c'est souvent le cas. Voilà quelques photos pour le prouver.
Une vue du port

Ah, franchement! Des spaghettis suspendues, c'est pas de l'art ça?

Juste des statues d'un homme nue quasiment identiques. Seule la dernière est différente où il manque la tête...

Et admirez la puissance de l'explication associée à ce chef-d’œuvre
Comme le temps pressait, on n'a pas pu tout voir et on est vite retourné au centre ville, en achetant du pain spécial de Tongyeong, dont le nom en anglais est "omisa honeyed bread", une sorte de patisserie fourrée aux haricots rouge sucré, et qui était assez bon!


Un fail de bus plus tard (on a a attendu au mauvais arrêt et dans un carrefour bouché), on est parvenus tout de même à monter dans un bus pour rentrer de Tongyeong pour Jinju, où on nous sommes arrivés vers 19h45.

Notre journée n'était toujours pas finie cependant, puisqu'on avait aussi prévu de visiter un peu Jinju avant de retourner au motel. Mais avant ça, nous sommes allés diner dans un restaurant visiblement assez connu et qui servait une spécialité de Jinju, le Jangeo qui est de l'anguille grillée.Et quelle surprise de voir que parmi l'accompagnement, on avait droit à des vers à soie... Miam, ça donne envie! Pas besoin de préciser qu'aucun de nous deux n'a touché à ça...

Beurk...

L'anguille grillée
Après le repas, très bon d'ailleurs malgré le prix de 36000wons pour 2 personnes (25 euros environ), il était 21h, et l'heure d'aller voir rapidement la fontaine de Jinju qui était d'après plusieurs sources internet un endroit à voir dans cette ville. C'était pas trop mal on va dire, même si la synchro avec la musique était assez suspecte parfois, et que cette musique n'était d'ailleurs pas assez forte.Voilà une petite vidéo aussi :


Le spectacle fini, on avait prévu à la base de visiter la forteresse de Jinju qui est l'attraction principale de la ville, mais finalement en voyant la taille de cette forteresse et comme nous étions trop fatigués après cette journée, nous avons décidé de rentrer directement. En plus, le lendemain, le départ pour la deuxième étape du voyage à Cheonghakdong village était prévu assez tôt, mais je vais parler de tout ça dans l'article suivant!

lundi 13 août 2012

Dimanche après-Midi à Gangnam

Ça fait un petit moment que nous n'avons pas rédigé d'article alors je me lance.

Ce weekend, je devais au départ faire un peu de randonnée dans les montagnes autours de Séoul, mais trollé par la météo coréenne, ça ne s'est pas passé comme prévu ... En principe, la saison des pluies en Corée arrive fin Juillet avec beaucoup d'averses orageuses le soir. Mais cette année il a fait très sec et la période des pluies n'a pas vraiment eu lieu. Et c'est donc ce weekend que toute la pluie que nous n'avons pas eue en Juillet a décidé de tomber. A l'eau donc mes projets de randonnée ...
Mon weekend peut donc se résumer aux soldes du vendredi soir et à la sortie de Dimanche après midi sur Gangnam dans un café "échange linguistique", suivi d'un restaurant et d'un karaoké qui n'était pas prévu à la base mais où nous avons quand même bien rigolé.

Avant de partir à Gangnam, loin loin loin de l'autre côté de Séoul, je suis passé par l'université avec l'intention retirer des sous au distributeur qui est dans le hall du High-Tech Center d'INHA et je me suis heurté à la frustration d'un groupe de coréens outrés parce que la porte de derrière de l'université était fermée leur bloquant ainsi l'accès à la bibliothèque, endroit incontournable pour un dimanche après midi du mois d'Août. De mal en pis, après avoir fait le tour pour accéder au distributeur, je suis passé devant une salle de révision qui était noire de monde, c'était juste avant de tomber sur le collègue vietnamien dans le hall d'entrée qui remontait au laboratoire, sa pause de midi étant finie. Je le redis donc, Dimanche 12 Août, 13h30 : la bibliothèque est pleine histoire de réviser pour les examens qui sont en Décembre prochain, et certains de mes collègues vont travailler ...
Fort de ce constat et après avoir brièvement expliqué à mon collègue interloqué, que non je ne venais pas travailler, mais juste retirer de l'argent avant de sortir sur Séoul (le choc des cultures), je suis donc parti vers le métro.

J'explique brièvement le concept d'un café linguistique : En gros des locaux et des étrangers de toutes les nationalités viennent pour discuter dans le plus de langues possibles. Il y a ceux qui viennent pour se perfectionner dans une langue bien précise et sont donc des adeptes présents toutes les semaines pour réussir leurs examens, il y a ceux qui viennent pour trouver à tout prix une copine asiatique (gare à americanus vulgarus qui va faire chier tout le monde et pas que les filles), et ceux qui viennent pour passer un moment sympa sans arrière pensée. Entrée à 10.000 wons (7euros) qui donne accès à des recharges de café et autres boissons à volonté.
Ne faisant rien comme tout le monde et après avoir fait plusieurs tables, j'ai fini par sympathiser avec un groupe de deux japonaises et une coréenne-japonaise, sous le regard réprobateur de Daniel qui m'a accusé d'avoir trahi la patrie Coréenne. C'est aussi comme ça que je me suis retrouvé à parler en allemand avec Tomiko, professeur de japonais à Séoul et à tenter de communiqué avec ses deux amies Tatsuki et Yuna avec mes restes de japonais et nos bases communes en coréen. Oui, à Séoul je parle en allemand avec des japonaises. S'étant résigné au fait qu'il serait plus facile d'obtenir quelque chose d'une japonaise que d'une coréenne, Daniel a fini par nous rejoindre à contre-coeur, ne manquant pas de rappeler à Tomiko que la Corée avait battu le Japon 2-0 au football dans la nuit de Samedi à Dimanche.
L'ambiance entre les deux pays n'est pas vraiment au beau fixe en ce moment, entre le foot aux JO et le président Sud Coréen qui est allé aux Dokdo (des cailloux pourris que les deux pays revendiquent comme étant à eux), Tokyo a rappelé son ambassadeur à Séoul et menace d'éjecter l'ambassadeur coréen s'il ne s'explique pas rapidement sur cette acte qui aura des conséquence dramatique sur les relations entre les deux pays.
Il ne faisait donc pas bon d'être Yuna la coréenne-japonaise déjà un peu malmenée par ses deux amies japonaises et considérée comme traîtresse à la patrie par Daniel.

C'est l'arrivé d'un américain particulièrement vulgaire qui a mis tout le monde d'accord. Des mots poétiques ont fusé dans plusieurs langues : "shibal", "yarô", "arschloch", "kisama", "connard" et "douchebag" pour ne citer que celles là. Il faut dire que l'approche cavalière consistant à critiquer l'organisation et à proposer d'inviter les japonaises qu'il venait de rencontrer (en les prenant pour des coréennes)  dans un restaurant beaucoup mieux que celui proposé par les organisateurs et en m'expliquant en français en prenant un accent gay, pardon pour les gays, que de toute façon "c'était pas pour moi" et que quand bien même "on pouvait partager" et que son restaurant était "le meilleur samgyeopsal de Corée", n'était peut-être pas la bonne approche. Pas de bol, Tomiko avait des bases suffisantes en français et en anglais pour saisir l'essence de son propos et comme notre ami était le seul à ne pas parler du tout coréen, nous avons tout de suite pu nous mettre d'accord pour le fuir, non sans l'avoir traité de tous les noms.

Nous avons donc continué la soirée sans lui dans un samgyeopsal, loin loin loin du sien. Peut-être pas le meilleur de Séoul, mais bon et pas cher. Après quoi nous avons enchaîné sur Baskin & Robbins, où nous avons littéralement fait une overdose de crème glacée chère (mais tellement bonne) et de chocolat. Et nous avons fini dans un Noraebang (karaoké) histoire de digérer et nous remettre de nos émotions.
Le karaoké en japonais sous-titré coréen, ça vaut le déplacement. Désolé pour les haters, mais c'était surtout de la K-Pop, voir de la K-Pop en japonais, genre du T-Ara ou du Kara en version japonaise. Si, en coréen nous avons évidemment fait "Gangnam Style".
Je suis particulièrement fier de mon score sur Jumping de Kara et Danzaï no Hana.


lundi 6 août 2012

Gangnam Style

Samedi soir en attendant que les métros redémarrent j'ai passé une partie de la nuit dans un club à Gangnam et j'en profite donc pour poster la vidéo du tube de l'été en Corée : "Gangnam Style" de Psy. Pour ceux qui ne l'auraient pas déjà vue.


Pour la petite histoire, il y a deux gros quartiers pour faire la fête à Séoul dans lesquels sont concentrés beaucoup de clubs :
- Hongdae, le quartier universitaire au Nord-Ouest de la ville, beaucoup de jeunes et des clubs pas chers.
- Gangnam, le quartier d'affaire au Sud de Séoul avec des clubs un peu plus classes, plus chers et surtout plus décalés.

Le clip et la chanson sont en quelque sorte une parodie de la population qu'on peut trouver dans le quartier de Gangnam la nuit. Depuis ce clip, le "Gangnam style" désigne aussi de manière indirecte cette façon de danser un peu ridicule comme si on était sur un cheval (d'où l’écurie au début du clip).

Pour ceux qui se demandent,sans me lancer dans la traduction complète des paroles "Oppan" est un mot coréen familier employé par les femmes pour s'adresser à un homme plus âgé (voir beaucoup plus âgé) dont les possibles traductions vont de "grand frère" à "chéri", si ça peut éclairer un peu le clip.


Je ne résiste pas et je vous en poste une autre avec les mascottes de SKT T1 pendant la finale de l'OSL :